Aux Eurockéennes de Belfort, on fait le tour du monde en musique

Publié le 13 juin 2017 à 15:53
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Le festival des Eurockéennes de Belfort accueille une nouvelle fois du 6 au 9 juillet 2017 une programmation émoustillante et voluptueuse. Kem Lalot et Jean-Paul Roland se tuent à la tâche pour chercher aux quatre coins du monde les plus belles découvertes musicales. Rencontre.

La boule d’oxygène annuelle approche. Du 6 au 9 juillet 2017, nichée entre l’étang de la Vérone et le lac du Malsaucy se tiendra la 29ème édition des Eurockéennes de Belfort. Sans grandes surprises, la programmation est particulièrement stimulante : le rock léché d’Arcade Fire sera de la partie, les puissantes Savages, aussi. Sans oublier Iggy Pop, la mélancolie pop-rock de Fishbach ou encore le metal français de Gojira.

Kem Lalot par Stéphanie Durbic

Kem Lalot, programmateur du festival et Jean-Paul Roland, son directeur mettent aussi un point d’honneur à faire découvrir des artistes obscurs en France ou ailleurs. Des groupes plus émergents. Tout simplement, aussi, ceux qui « ne passent pas à la télé ». Kem Lalot sillonne le monde depuis quinze ans à la recherche des meilleurs trésors musicaux. Le second l’accompagne, parfois. Tous deux ont une culture musicale impressionnante. « Les programmateurs sont aussi des directeurs artistiques », affirme Jean-Paul Roland. Kem Lalot, lui, est aussi un peu le Frédéric Lopez du Rendez-vous en terre inconnue de la musique. « On est assez friands de découvrir des artistes dans des pays qui ne sont pas habituels. Mais sans rentrer dans le clichés », confie-t-il. Le but n’est pas de « ramener des artistes qui font de la cumbia quand on va en Colombie », mais de « regarder ce qu’il se passe au niveau des nouvelles scènes ». « Il n’y a pas que les têtes d’affiches », martèlent-ils tous les deux.

« On essaye de dire quelque chose de notre société »

Jean-Paul Roland

Peut-on parler d’un militantisme culturel ? « On ne dit pas qu’on va prendre des artistes qui seront de grands sociologues ou de grands intellos de ce monde, plaisante Jean-Paul Roland, mais que ces gens disent des choses de leurs temps, de notre société. » Cette année, le groupe de rap autotuné PNL partagera l’affiche aussi bien avec des géants du rock comme Iggy Pop, qu’avec l’énigmatique Bachar Mar Khalifé. D’ailleurs, les deux protagonistes voient que le rock et ses dérivés ont bien changé : « Avant, il y avait une côté rebelle à écouter du rock. Maintenant, le hip-hop a envahi le supermarché ».

Si montrer des groupes qui ne sont pas surexposés médiatiquement, c’est être militants, alors nous le sommes

Kem Lalot et Jean-Paul Roland ont dû faire face à une épreuve cette année : la 29ème édition se fera finalement sans la brûlante Beth Ditto. « Quand sa maison de disque a annulé, c’était la mort dans l’âme », a confié Kem Lalot. Mais qu’ils se rassurent et envoient valser leur mélancolie : nul doute que le festival des Eurockéennes de Belfort risque d’être encore une fois dévorant et enfiévré.