Au festival Ocean Climax, on se « mouille » pour les océans mais on le fait en musique

Publié le 1 septembre 2017 à 15:49
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

« Mouillez-vous pour les océans », mais faites-le en musique ! C’est le crédo du festival Ocean Climax qui revient du côté de Bordeaux du 7 au 10 septembre 2017 pour sa troisième édition. Au programme : Franz Ferdinand, Peter Doherty ou encore les Kooks. Rencontre avec François Xavier Levieux, le programmateur du festival.

« La fête permet la communion, la communion favorise la pensée et la pensée est indispensable à la prise de conscience ». Edgar Morin, philosophe et partenaire de l’édition 2016 du festival Ocean Climax près de Bordeaux a su mettre les mots sur les ambitions de l’évènement : sensibiliser autour des questions environnementales, principalement des océans. Mais surtout… le faire en musique. Cette année, l’évènement accueille du 7 au 10 septembre 2017, Franz Ferdinand, The Kooks ou encore Peter Doherty.

Ocean Climax est un ovni dans le paysage des festivals de France. Crée en 2015, il ne devait se dérouler qu’une fois, à l’occasion des 25 ans de Surfrider Europe, une fondation qui se bat pour la protection des océans. Mais l’envie de le pérenniser a pris le dessus : « On s’est rendu compte que l’évènement avait un réel impact sur les gens. L’engouement était tel qu’à l’édition d’après, on a augmenté de 30% la fréquentation », se réjouit François Xavier Levieux, programmateur du festival. Il faut dire que la première édition a été très spontanée. Aujourd’hui, l’équipe d’Ocean Climax veut un festival « plus mature et plus préparé ». Et avec des artistes encore plus engagés ?

Des artistes spontanément engagés

« On essaye un maximum de programmer des artistes qui sont politiquement engagés et qui prennent la parole pendant nos conférences. Mais nous n’avons que trois ans d’existence. Quand on commence une aventure comme celle-ci, c’est difficile de négocier », admet François Xavier Levieux. Mais il se réjouit : normalement, deux artistes devraient intervenir cette année lors de conférences sur les réfugiés et sur l’alimentation – sans vouloir encore citer lesquels. Mais ils sont nombreux à le faire spontanément. En 2016, James Edward Bagshaw, leader du groupe de rock britannique Temples, avait même pris la parole sur scène, relate Libération : « Tous les festivals de la planète devraient s’inspirer de Climax : jamais je n’ai pissé dans des chiottes aussi nickel et qui, en plus, ne schlinguent pas. Les toilettes sèches, c’est l’avenir. » Ajoutant : « Sérieux, on a beau faire le tri, etc., la meilleure façon de réduire les gaz à effet de serre, de réduire la consommation d’énergie, c’est déjà de ne pas en consommer. »

La plus grande fierté de François Xavier Levieux ? Accueillir cette année le rock bien léché de Franz Ferdinand, « un des meilleurs groupes de rock du monde », selon lui. Mais le programmateur est loin d’être mono-genre-musical. Ses derniers albums achetés ? Celui de la pop électrisée de Polo & Pan et le dernier – déjà mythique – opus de Phoenix, J-Boy. Et on peut le dire : François Xavier Levieux fait de grands écarts. Il a adoré le concert de Franz Ferdinand à Rock en Seine, aussi bien que celui de la talentueuse Juliette Armanet, dont l’album Petite Amie est nettement moins énervé. « Je n’ai pas envie de faire un festival d’un seul genre musical », admet-il. « Je préfère quand ça commence doucement et que ça monte en pression dans différents styles quitte à mélanger les publics et à mélanger les genres pour que ça fasse une cohérence globale de projet »

Un changement de lieu

Pour sa troisième édition, le festival Ocean Climax doit changer de lieu. La Caserne Niel, où l’évènement officiait jusque-là, a été réquisitionné par la métropole bordelaise pour mettre en place des projets immobiliers. Mais pas de quoi faire peur aux organisateurs : les concerts auront désormais lieu à Cenon, une commune mitoyenne de Bordeaux, au parc de Palmer.

Mieux : Ocean Climax va devenir un double site puisque les conférences resteront belles et bien à Darwin, un lieu bordelais alternatif dédié au développement économique responsable, comme les années précédentes. « C’est un travail de préparation un peu plus costaud, certes (rire), mais on l’assume et nous sommes très fiers que le festival évolue comme ça », souligne François Xavier Levieux. On leur souhaite tous les « éco » du monde.

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