A Paris, le rock puissant et délicat de Junior Empire a envoûté

Publié le 12 juin 2017 à 17:39
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Le groupe britannique Junior Empire présentait son premier EP West Coast jeudi 8 juin 2017 à Paris. Retour sur le concert de ce groupe au rock puissant et délicat à la fois.

©Caradec Rio

Une histoire que l’on vit tous lorsqu’on a la vingtaine et la vie devant soi. Junior Empire, c’est sans doute ça : la légèreté de l’adolescence et la mélancolie de l’âge adulte. Le groupe de pop-rock a embrassé la scène de la Maroquinerie (Paris) jeudi 8 juin 2017 pour présenter son premier EP, West Coast. Un opus cosmopolite, autant que ses membres : surtout britanniques, mais aussi australiens – avec même une touche de français. Le groupe partage des influences variées comme la britpop de MGMT, le rock soigné de The Killers ou le hip-hop indé de Jamie T.

Quarante minutes, pas une de plus. Le concert de Junior Empire, leur deuxième seulement en France ce soir-là, n’est ni trop long, ni pas assez. Si les textes sont subtiles, purs et délicats (on pense à Let Me Love You et Modern Love), le ton reste bien vindicatif. Énervé. Puissant. La scène tremble et le public s’anime notamment sur Decide, leur single.

Dans ce titre, « tout est une question d’instinct, ce qui nous porte par delà les obstacles », révèle Jack Balfour Scott, le chanteur et tête pensante. Aussi bien la fatalité de l’attirance physique comme ils le décrivent dans Danger… que le destin. Le leur est particulièrement hasardeux : Jack et Joey Arnold Zapata (le claviériste) se rencontrent après de multiples beuveries dans un pub de Camden, puis repèrent la violoniste Hannah van den Brul au théâtre. Mieux encore, Jordan Grispino, le batteur, est un vieux pote de Jack. Diego Belmont, guitariste brésilien, est recruté peu de temps après.

Malgré un stress visible et une disposition scénique mystérieuse – on sait que la scène de la Maroquinerie est petite mais, pourquoi s’aligner sur scène ? -, leur cohésion se ressent : Hannah tente souvent de capter le regard de Jack en pianotant sur son clavier et déploie voluptueusement sa voix sur certains chœurs. Jack, lui-même, se tue à la tâche et goutte dès le premier titre. Avec sa chemise à fleurs, ses chaines, ses bouclettes et sa nonchalance, il absorbe le regard. Joey, Jordan et Diego se font plus discrets. Ils sont réfléchis et concentrés. Les titres de leur EP s’enchaînent à une vitesse folle (de Said & Done au très puissant Danger, justement), mais ils s’animent autant sur leurs chansons inédites : Lies, Weekend et I Know. Les quelques 400 personnes présentes semblent approuver le show, tapent du pieds, agitent leurs cheveux et… tweetent :

A l’aube, le groupe repartait vers Londres. Le 12 juin prochain, ils joueront au Victoria, un bar à quelques kilomètres de Camden. Mais nul doute qu’ils repasseront en France, tant ils risquent de faire parler d’eux.