Solidays 2015 : le best of

Publié le 29 juin 2015 à 17:17
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Solidays 2015« Keep on dreaming » clamait l’édition 2015 des Solidays, qui s’est tenue le week-end du 26 juin toujours à l’Hippodrome de Longchamp. Un rendez-vous que même le soleil n’a pas manqué, histoire de le faire rimer avec musique et solidarité.

Malgré quelques nuages, le soleil et la météo n’épargnent personne et rappellent que l’été est là. Va-t-on s’en plaindre ? Sûrement pas ! Et à météo exceptionnelle, édition exceptionnelle : plus que jamais, l’organisation des Solidays a tenu, cette année, à rappeler la nécessité de son message premier, de son essence. Le résultat : des conférences animées par des personnalités telles que Bill Gates (qui prendra la parole juste avant le concert d’Izia), et une programmation toujours plus soignée pour sensibiliser le public aux risques du VIH et des maladies sexuellement transmissibles.

Mais comme à son habitude, l’événement fait passer son message par l’amour de la musique et du partage. Et sur ce point, cette édition 2015 des Solidays ne déroge pas à la règle avec des artistes prestigieux dès le premier jour (vendredi 26) : Asaf Avidan, Izia, Angus & Julia Stone, ou encore Palma Violets qui ont fait ce que tout le monde devrait faire quand il fait trop chaud : se mettre à poil. Un live furieux délivré sur la scène Bagatelle (la plus éloignée du festival), parfaitement dans le ton du quatuor londonien qui ravive comme il se doit la flamme du punk, décidément pas prête à s’éteindre.

On file rapidement voir Izia, qui nous avait déjà conquis sur la scène du festival Papillons de Nuit il y a quelques semaines. Une énergie intacte pour la cadette de la fratrie Higelin, qui ne se laisse pas abattre par la canicule et nous prouve encore une fois son statut de bête de scène.

Après la tempête, le calme (c’est plutôt l’inverse en règle générale mais on s’en fout) : retour à la scène Bagatelle pour le concert d’Angus & Julia Stone. Un set attendu et étonnamment électrique, délivré dans un calme olympien qu’on ne leur connaît que trop bien.

Un des événements de cette édition 2015, c’était Asaf Avidan ! Ramenant avec lui les premières brises de fraîcheur de la journée (et rien que pour ça, on le remercie), l’artiste israëlien se montre toujours aussi généreux avec son public, toujours avec l’élégance qu’on lui connaît.

Dernière surprise live de ce premier soir, le duo The Dø : en commençant à 23h sur la scène Bagatelle, Dan Levy et Olivia Merilahti soufflent une véritable tornade pop maîtrisée de bout en bout. Emmitoufflée dans un sweat à capuche argenté, la moitié féminine du groupe dompte le public et le rallie à sa cause dès l’introduction du concert avec un On My Shoulders en 2 temps salvateur. Au-dessus d’eux flottait une marée de ficelles argentées, bougeant au rythme de leur musique, et on n’a toujours pas trouvé plus belle image de leur musique, douce et à la fois puissante.

Les températures se détendent un peu, et nous aussi : le planning nous fait profiter un peu plus de l’ambiance de ces Solidays 2015 en ce samedi 27 juin. Et même si l’heure est à la détente, l’événement conserve son cap activiste, et invite des personnes confrontées directement ou indirectement au SIDA pour témoigner sur la scène Paris. Avec 150 000 séropositifs en France dont 30 000 qui ignorent être porteurs du virus (Source), les Solidays se doivent de diffuser un message fort à l’attention d’une fréquentation de plus en plus jeune, quitte à choquer.

Mais les Solidays sont avant tout un moyen de célébrer la lutte contre le SIDA, et comme la veille, cette nouvelle journée va nous le prouver : on fonce sur la scène Domino pour commencer en douceur avec le combo parisien Feu! Chatterton. En pleine préparation d’un premier album très attendu, les jeunes prodiges de la chanson française élégante nous ont fait entamer cette deuxième journée avec une bravoure inouïe, et surtout un public conquis dès les premières minutes. Une réussite.

Notre cœur balance entre Yael Naïm et les Vaccines (respectivement disposés sur les scènes du Dome et Bagatelle, soit les plus éloignées du festival !), et comme on n’a pas envie de trancher on se dédouble pour observer les deux. Deux shows radicalement opposés mais tout aussi réussis, avec une Yael Naïm en osmose totale avec sa musique et des Vaccines qui viennent mettre un peu de sel rock sur le melting pot des Solidays de cette année. Mention spéciale à Justin Young, leader de la bande, qui n’aura de cesse d’invoquer la foule, parfois jusqu’à l’épuisement (l’anglais est coutumier de la petite sieste scénique en plein set) !

On a également pris le temps de savourer l’étonnant show de Xavier Rudd : grimé en gourou de la world music, l’artiste australien représente à lui tout seul le goût pour l’éclectisme des programmateurs des Solidays, qui lui ont permis de jouer sur la scène Paris (la plus grande du festival). Un live félin et puissant, parfaitement adapté à cette édition 2015 pleine de soleil.

Juste avant d’aller profiter des têtes d’affiche de la soirée (dont le phénomène sud-africain Die Antwoord ou encore la soirée spéciale Ed Rec animée par le patron du label Pedro Winter à la Greenroom), on se retrouve devant une scène du Dome en feu avec le live explosif d’Electro Deluxe : cuivres et swing à l’ancienne pour la formation française, dont le funk sincère et intact a fait un bien fou à l’atmosphère déjà bien festive de la soirée.

Musique et solidarité : les Solidays marquent encore une fois le coche cette année, et on espère les revoir en 2016.