Quand David Bowie imaginait Internet

Publié le 12 janvier 2016 à 11:08
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

L’artiste n’était pas seulement précurseur dans le domaine de la musique…

Disparu dans la nuit du 10 au 11 janvier 2016 à l’âge de 69 ans, quelques jours après la sortie de son album Blackstar, l’immense David Bowie laisse derrière lui un héritage musical et pop culturel colossal (lire le vibrant hommage que lui rend notre Joe), autour duquel gravitent sa musique (forcément), mais aussi d’autres domaines comme le cinéma, le jeu vidéo et même le monde des nouvelles technologies.

David Bowie, précurseur pour InternetEn 1998, à l’orée d’Internet, bien avant l’explosion de Google et tandis que Napster permet les premiers téléchargements illégaux de masse (ce qui leur vaudra un procès contre Metallica entré depuis dans l’Histoire), David Bowie crée son propre fournisseur d’accès Internet au Royaume-Uni. Sobrement baptisé BowieNet, le service permet aux utilisateurs de naviguer sur le web, mais surtout d’avoir accès à du contenu exclusif relatif à l’artiste : actus, photos, clips, sessions de chat, concours d’écriture de chansons pour être produits, webradio, et même 20 Mo d’hébergement pour la création de leur site web, qui grimpent jusqu’à 31 Mo si le site en question est dédié à Bowie.

Visionnaire, le Thin White Duke a vu arriver la révolution Internet très tôt : selon lui, la musique allait se consommer à la demande, « comme l’eau ou l’électricité, » prédisant les services de streaming tels que Deezer ou Spotify plus de 10 ans avant leur arrivée. Et même s’il s’est un peu trompé en prédisant, lors d’une interview accordée au New York Times en 2002, la disparition totale des droits d’auteur pour 2012, difficile de ne pas lui donner raison lorsqu’il déclare : « Vous avez intérêt à vous préparer à faire beaucoup de tournées parce que c’est vraiment la seule situation unique qui restera. C’est terriblement excitant. »

« (…) La transformation absolue de tout ce qu’on a toujours pensé sur la musique va avoir lieu d’ici 10 ans, et rien ne pourra l’arrêter. » En 2016, qui peut le contredire ?

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