Prince pouvait cuisiner une seule chose : les omelettes

Publié le 15 décembre 2016 à 11:07
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Prince s’est éteint le 21 avril 2016, laissant derrière lui des anecdotes improbables. Nos confrères de GQ ont rencontré un ingénieur du son, des collaborateurs, des choristes, des danseurs… Tous ont travaillé avec le phénomène le plus pop et funk de ces dernières décennies. Ils tentent de peindre son portait.

Prince est décédé

Cause de la mort : overdose accidentelle de médicaments. L’annonce du décès de Prince le 21 avril 2016 était aussi inattendue que toutes les frasques qu’il a pu nous offrir durant son existence. Il était un personnage. Un dieu de la musique, aussi. Le magazine GQ a rencontré des dizaines de personnes qui l’ont côtoyé à un moment de sa vie. « Ma première rencontre avec lui reste mémorable » raconte la chanteuse Gwen Stephani. « Il était habillé de vêtements en velours violets. Il était vraiment cool. Il était vraiment ce que l’on pensait qu’il était. C’était lui. » Prince avait un style vestimentaire unique, teinté de pantalons pattes d’éph’ et de violet criard, souvent. Ian Boxill, son ingénieur du son entre 2004 et 2009 s’en souvient : « Même quand il s’habillait décontracté, il s’habillait comme Prince » traduisent nos confrères du Monde. « Des sandales de sept centimètres de haut, ou des talons avec des lumières, qui s’allumaient quand il marchait. C’était ses fringues confortables. Il n’avait pas de poches. » Prince sentait même la lavande. « Vous saviez qu’il était là car quand vous repartiez vous vous disiez ‘oh, mince, je sens Prince ! » raconte Corey Tollefson, un fan qui a vagabondé à Paisley Park pendant vingt ans.

Si Prince ne voulait pas offrir sa discographie aux plateformes de streaming, il était presque comme nous sur internet : toujours à envoyer des vidéos marrantes. « Il passait beaucoup de temps à chercher des trucs rigolos sur internet » révèle la photographe Maya Washington. Plus encore, il « cherchait des jeunes artistes sur Youtube ». Allant même jusqu’à les contacter : « Il m’a envoyé un message sur Twitter de nulle part. Il avait sa façon de faire les choses. Il ne suivait personne. Il me suivait le temps de m’envoyer un message personnel, après il effaçait le message » énonce Kandace Springs, une chanteuse.

« Je peux cuisiner. Mais seulement une chose. Les omelettes. »

Prince aimait les oeufs et n’avait pas un gros appétit. Il le disait lui-même en 2014. « Je peux cuisiner. Mais seulement une chose. Les omelettes. » Même constat pour Jill Jones, l’une de ses choristes : « il mettait du curry et un peu de cheddar [dans ses oeufs]. Mais il mangeait à peine. J’étais tout le temps morte de faim avec lui. » Ce que ne dément pas sa danseuse Cat Glover : « Il humait souvent sa nourriture. Littéralement. Je ne l’ai jamais vu manger ». Le petit-déjeuner était sa spécialité.

Le chanteur pouvait s’abandonner. Etre parfois très enfantin : « Il m’a complètement déstabilisée, parce qu’il ne faisait pas ce que les autres mecs faisaient. Venir te chercher chez toi, rencontrer tes parents… Lui, lançait des cailloux contre ta fenêtre pendant que tu dormais. » raconte Jill Jones. Ajoutant : « Il faisait des trucs qu’on croirait sortis d’un conte de fées. » Kandace Springs ne pèse pas ses mots non plus, peignant un homme vraiment respectueux. « Si je le pouvais, je le dirais à tout le monde ! » plaisante-t-elle.

Prince laisse derrière-lui des centaines d’albums, de l’extravagance et des anecdotes poétiques. Les oeufs brouillés de dimanche auront un goût de nostalgie.