Pont des Arts : le retrait des cadenas d’amour, et ceux qui les récupèrent

Publié le 3 juin 2015 à 12:25
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Que vont devenir les cadenas du Pont des Arts ?C’est tombé ce lundi : il ne sera plus possible de sceller son amour sur le Pont des Arts. Suite à la chute d’une grille due au poids des cadenas l’an dernier, la Mairie de Paris a décidé de vider le pont de tout ses petits objets métalliques. Une nouvelle qui fait déjà le tour du monde et en fera pleurer plus d’un(e) !

Que vous ayez fait le voyage depuis Beijing, San Francisco, Bamako ou juste la Rue de Rivoli, oubliez ce moment romantique où vous pourrez, avec l’homme ou la femme de votre vie, attacher à jamais votre amour. Pour ceux qui l’ont déjà fait, sachez qu’il faudra en vivre avec le souvenir, à moins que vous retrouviez le vôtre sur le site web de Phileas

Trentenaire et parisien, Phileas est un « cléateur » de bijoux. Grand romantique et attaché à l’histoire de notre capitale, il entend récupérer les plus beaux cadenas qui auraient scellé normalement à jamais votre romance.

Aidé par les diverses clés chinées chez les brocanteurs pour confectionner ses bijoux, il réouvre les plus beaux verrous du pont des amoureux afin de faire perdurer leur histoire.

« Ces cadenas que je récupère, je ne les possède pas, j’en suis le garant », précise Phileas. Et de continuer : « mon projet consiste à récupérer les plus belles pièces, les prendre en photo et les publier sur mon site afin que les intéressés puissent peut-être retrouver le leur ». L’envoi est à la charge du couple ou de la famille, mais leur permettra à coup sûr d’éviter une rupture. Phileas en est convaincu.

Mais que vont devenir tous ces cadenas ? On ne le sait pas encore. Une œuvre d’art monumentale ? Peut-être. Stockés dans une cave pendant plusieurs années ? Peut-être aussi. Direction la fonderie ? « Ce serait la pire des choses qui pourrait leur arriver ! », s’exclame Phileas. « Vous vous rendez compte si ces cadenas – et je parle des vrais, des beaux, pas ceux achetés à la sauvette dans une boutique à touristes et griffonnés rapidement au feutre – si ces cadenas étaient recyclés ? ». Le cléateur est un grand sentimental et pour lui, l’objet a une histoire, plus même : il renferme des sentiments.

Sortant de son sac les plus belles pièces qu’il a récupérées jusqu’aujourd’hui, il renchérit : « Ces gens qui sont venus du bout du monde spécialement pour ça, en ayant en tête que Paris est la capitale de l’amour, pour poser leur cadenas gravé : quelle tête ils feraient en apprenant qu’il a été fondu pour en faire une bouche d’égout, un poteau, une plaque de taule pour un tanker ou même une arme ?! » Oui vous avez bien lu, Phileas précise même que « c’est un bon métal pour faire un obus ».

Pour le moment, on attend toujours la décision de la Mairie de Paris quant à la suite du problème du Pont des Arts. D’ici là, Phileas est là pour vous et votre amour. Rendez-vous sur son site.