Papillons de Nuit 2016 : P2N au top

Publié le 23 mai 2016 à 18:56
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

La nouvelle édition du festival le plus éclectique de France a réussi à repousser la traditionnelle pluie. On vous raconte.

Paris, c’est quand même une belle ville. On s’en rend compte à chaque fois qu’on prend la route direction la Normandie, pour le festival Papillons de Nuit. Pour sa seizième édition, l’événement fait preuve d’éclectisme et appuie son statut de rendez-vous incontournable des musiques actuelles en France.

Organisé en plein cœur du petit village de Saint-Laurent-de-Cuves, le festival jouit d’un cadre original, et continue de mettre à profit ses très nombreux (et très sympathiques) bénévoles, recrutés au sein même du village. Reconnaissables à leurs t-shirt rouge vif, ils sont la soupape de l’événement, et mettent autant de cœur à s’occuper du festival et de son organisation, qu’à dispenser leur bonne humeur auprès des festivaliers.

Si le rendez-vous compte sur la bonne volonté de ses bénévoles recrutés sur le terrain, qu’on ne se trompe pas : même organisés au sein d’un petit village verdoyant de Normandie, les Papillons de Nuit flottent en masse, et comptent bien sur une programmation particulièrement riche et éclectique pour le prouver. C’est ce que nous a expliqué Pierre-Olivier Madeleine, programmateur du festival, au micro de Thomas Caussé et d’Angèle lors de l’émission spéciale que vous avez pu écouter en direct vendredi 20 mai dès 16h sur OÜI FM. Petit tour d’horizon dès quelques concerts qu’on a pu apercevoir durant notre week-end normand.

Pierre-Olivier Madeleine, programmateur du festival Papillons de Nuit 2016, aux côtés de Thomas Caussé et Angèle

Pierre-Olivier Madeleine, programmateur du festival Papillons de Nuit 2016, aux côtés de Thomas Caussé et Angèle

Jour 1 : Indochine au sommet de la Vallée infernale

On entame les hostilités avec le (très) sympathique Broken Back, qui a su d’entrée de jeu réunir un nombre plutôt convaincant de festivaliers devant la scène Thécia. Le vent de fraîcheur soufflé par sa pop-folk très énergique complétait une météo plus que clémente pour accompagner les premiers moments du festival. Et pour cette fois, on a bien envie de se laisser séduire par notre première impression.

Direction la petite scène Érébia pour redécouvrir en live la jeune pousse de la famille Chédid : Nach, de son vrai nom Anna. Déjà aperçue lors des Primeurs de Massy en 2015, OÜI FM est tombé à nouveau sous le charme de la sœur de -M- qui déploie une pop élégante, tantôt influencée par le jazz, tantôt par la folk, pour un résultat atypique, tout-à-fait dans le ton.

Le temps file tellement vite quand on s’amuse : à peine le temps de siroter un verre en contemplant l’immense espace tout en amont et en aval réservé au festival, qu’on comprend vite pourquoi ce premier soir de l’édition 2016 des Papillons de Nuit rencontre un succès si important. Indochine sont là, et plus particulièrement leurs fans ! Icône du rock à la française, la bande à Nicolas Sirkis est parvenue à rameuter une foule qu’on n’avait tout simplement jamais vue sur place. Best of des plus grands tubes du groupe maquillé en spectacle à la mesure de l’événement (durant lequel ils rendront un vibrant hommage à David Bowie, en reprenant Heroes) : leur passage au festival Papillons de Nuit constitue la première date de leur tournée des festivals.

Jour 2 : pour tous les goûts

Le temps continue de jouer en la faveur des Papillons de Nuit en ce samedi après-midi. Et la foule que nous continuons de voir affluer dès le milieu de la journée nous conforte dans l’idée que l’on a pu se faire du festival ces dernières années : l’ambiance se veut conviviale, familiale, tout en s’adressant aux amoureux de bonne musique et de tendances actuelles. Pour preuve : la boutique Saint James installée juste à côté de notre studio provisoire, fruit de la collaboration entre la marque et les organisateurs de l’événement.

Et comme la veille, c’est vers la scène Thécia que nous nous dirigeons pour entamer ce deuxième jour de musique sous le soleil normand (qui l’eut cru ?) pour écouter une nouvelle fois notre ami Rover : le rockeur à la voix d’or, qui a sorti son deuxième album Let It Glow en 2015, est une preuve bien vivante de la bonne santé des artistes hexagonaux, surtout lorsqu’il s’agit d’utiliser à (très) bon escient le monstrueux héritage pop de nos voisins d’outre-Manche.

Rendez-vous à l’opposé du site, au niveau de la scène Érébia, pour découvrir une des belles surprises de cette édition : Puts Marie. Encore peu connu chez nous, ce groupe suisse surprend par ses influences gothiques qui ne sont pas sans rappeler un certain Nick Cave, dont le chanteur Max Usata s’inspire très visiblement pour confirmer tout le bien que les programmateurs pensent d’eux. Ce qu’à OÜI FM, on a très largement envie de confirmer.

On file rapidement vers la scène Thécia pour revoir encore une fois le quintet Feu! Chatterton. Après tout, le groupe a raflé le prix de Meilleur concert 2015 aux OÜI FM Rock Awards, et il fallait bien confirmer tout l’amour qu’on leur porte. Bien évidemment, mission accomplie : enveloppé des fantômes de Jacques Brel et Serge Gainsbourg, Arthur et sa bande n’ont encore une fois pas hésité à injecter une bonne dose de vitamine à leur formule en français dans le texte. De quoi se rappeler que si ici, le jour n’a pas tout enseveli, la performance de Feu! Chatterton a bien tout conquis, et surtout tout le monde.

Un des plats de résistance de cette édition 2016, outre Indochine, c’était très certainement Louise Attaque. Et pour cause : au même titre que leurs confrères de la veille, ce concert donné en plein Saint-Laurent-de-Cuves donnait le top départ d’une tournée des festivals pour la promotion de leur nouvel album, Anomalie, sorti 11 ans après son prédécesseur. Un concert très attendu de la part des festivaliers, durant lequel le groupe a assuré des morceaux « d’hier et d’avant-hier » aux côtés des inévitables nouveautés, dont le morceau titre, Avec le temps ou Chaque jour reste le nôtre. Long, dantesque, un set totalement réussi.

La nuit finit par tomber sur le festival, et tandis que la population commence à se disperser pour aller profiter des autres concerts de la soirée, nous rejoignons la scène Érébia pour aller vérifier la légende qui raconte que les derniers punks anglais s’apprêtent à faire sonner le concert le plus virulent du week-end : entre deux gorgées de vin rouge ou de bière (c’est selon), la Fat White Family pousse les amplis et les oreilles des plus courageux dans leurs derniers retranchements. On le sait : le groupe n’aime pas les comparaisons, n’aime pas les idées préconçues concernant leur musique, et à vrai dire, on se demande même s’il aime son public. Mais qu’importe : Fat White Family en live reste une expérience assez unique, dans tous les sens du terme, et rappelle que le groupe fait figure de dernier représentant de son espèce. En espérant que la famille s’agrandisse un jour.

Le dernier concert aperçu n’est pas en reste : la déjà très grande Jeanne Added renvoyait la foule dans ses cordes electro très inspirées pour un concert à haute teneur en énergie. Violent, sensible, peut-être bien un des lives les plus inspirés du week-end. Et de quoi largement nous conforter dans l’idée que l’artiste mérite amplement ses deux prix aux OÜI FM Rock Awards 2016, celui de l’Artiste et l’Album Rock de l’année catégorie Indé, et celui de la Révélation française. Sensationnel !

Que de bonnes raisons de revenir l’année prochaine ! Le festival Papillons de Nuit 2016, qui s’est tenu les 20, 21 et 22 mai, laisse donc une impression de plus en plus forte au fur et à mesure des éditions. Et vous semblez plutôt d’accord, puisque l’événement vient de battre son record de fréquentation, avec 66 000 entrées réparties sur les trois soirs ! Disposant d’un cadre tout particulier, s’appuyant sur une chaleur et une proximité donnant une dimension humaine à l’ensemble (et on sait de quoi on parle, on commence à connaître la team !), l’événement devient un rendez-vous musical festif et populaire comme il s’en fait de moins en moins en France. Mettant l’accent sur la scène locale sans délaisser des têtes d’affiche impressionnantes, les ambitions du festival sont claires, et tant qu’elles resteront comme ça, nous à OÜI FM, on continuera à se rendre à Saint-Laurent-de-Cuves !