LOSTPROPHETS – THE BETRAYED

Publié le 26 janvier 2010 à 16:16
oui fm radio rock Par oui fm radio rock
Rédacteur

Ne dites jamais que Lostprophets est un groupe qui fait les choses à moitié. Ne dites jamais qu’ils n’iront pas jusqu’au bout du monde pour obtenir ce qu’ils désirent. Ne dites jamais que c’est un groupe qui rechigne à faire les investissements nécessaires à sa musique.

En janvier 2010, le sextuor gallois a sorti The Betrayed, son quatrième album studio. Destiné à succéder à l’opus numéro un des ventes en 2006, Liberation Transmission, qui propulsa Lostprophets sur les scènes des plus grandes salles de spectacle de Grande-Bretagne, ce prochain disque permet à ses auteurs de prouver que ce qui vaut la peine d’être fait vaut la peine d’être bien fait. La préparation de The Betrayed a bel et bien été un défi pour le groupe. D’une part, il leur en a coûté presque 750 000 dollars et d’autre part, cela a occupé deux ans de leur vie.

Cela en valait-il la peine ?

« Ça valait vraiment le coup », répond Ian Watkins, leader du groupe, reconnaissable à sa coupe de cheveux pour le moins originale. « C’est notre meilleur album, et de loin. »

Et pourtant, Lostprophets était mieux armé que la plupart des groupes pour faire face aux obstacles de toutes sortes lui barrant la route. Les membres du groupe se connaissent en effet depuis leurs années d’école à Pontypridd, au sud du Pays de Galles, et étaient amis bien avant d’être membres du même groupe et collègues. Leurs trois précédents albums – fakesoundofprogress en 2000, Start Something en 2004 et Liberation Transmission en 2006 – les ont menés des petits clubs anglais aux scènes de la Wembley Arena et de la Manchester Evening News Arena. Aux Etats-Unis, Start Something s’est vendu à plus de 700 000 exemplaires et a valu à ses créateurs un disque d’or. De plus, cet été, le groupe a été tête d’affiche aux festivals de Leeds et Reading. A pas feutrés, le groupe a évolué au cours des années, développant à la fois ses compétences en composition et son succès, avec une douzaine de singles classés au Top 40 et 2 millions d’albums vendus. On peut dire qu’ils sont devenus l’un des plus grands groupes de rock du Royaume-Uni, sans faire de compromis ni flirter avec les tendances musicales mais en s’attachant au contraire à leurs convictions et s’efforçant constamment de s’améliorer, que ce soit dans les compositions ou en concert.

Aujourd’hui, le temps d’un nouvel album est arrivé. Comprenant 11 chansons, The Betrayed est à la fois le disque le plus brut et le plus mémorable des Lostprophets à ce jour. Dès le groove apocalyptique du premier morceau If It Wasn’t For Hate We’d Be Dead By Now, en passant par le sursaut pop de For He’s A Jolly Good Felon, et jusqu’à l’éclatante apogée du dernier titre The Light That Burns Twice As Bright, cet album prend tout ce que les Lostprophets ont appris pendant leurs dix années passées ensemble et le concentre dans un opus bien ficelé et percutant.

« Le son de notre groupe doit ressembler à ça », déclare le bassiste Stuart Richardson, également producteur de l’album (nous y reviendrons). « Pas de conneries, pas de fioritures inutiles ; brut, énervé et très accrocheur. »

Et pourtant, The Betrayed n’a pas été un album facile à faire. Sa sortie était programmée pour mai 2007, mais la détermination des Lostprophets à effectuer un travail qui leur convienne a eu un coût à la fois en argent et en temps. A l’origine, l’album devait être produit par John Feldmann – qui a travaillé par le passé avec Good Charlotte et The Used, pour ne citer qu’eux – et le groupe a passé plusieurs mois enfermé dans le studio de Bel Air de John pour tenter d’enregistrer ses chansons. Cependant, ne parvenant pas au résultat  escompté et insatisfaits des morceaux qu’ils avaient enregistrés, les Lostprophets ont décidé de quitter Bel Air avec leurs titres et leur album inachevé et d’essayer de trouver quelque chose de nouveau.

L’idée suivante a été de travailler avec Bob Rock, producteur du Black Album de Metallica ainsi que de Liberation Transmission, le disque auquel les Lostprophets souhaitaient donner une suite. Ceci s’est avéré une nouvelle fois compliqué et finalement infructueux. Bien que le producteur et les artistes aient passé du temps à enregistrer des chansons, Bob Rock et le groupe ont finalement décidé de ne pas s’embarquer ensemble dans l’aventure qui deviendrait un jour The Betrayed. La troisième tentative serait la bonne… 

Curieusement, la personne destinée à produire The Betrayed – à le produire vraiment, c’est-à-dire du début jusqu’à la fin – était connue du groupe depuis le début. En fait, elle faisait partie du groupe ! L’initiative est revenue au bassiste Stuart Richardson, aussi musclé que Popeye, qui, enfant, se tenait avec son père sur les piquets de grève pendant la grève des mineurs de 1984 et 1985. Improbable ? Ma foi, peut-être sur le papier. Mais pas si vous écoutez la musique.

Qu’a pensé Stuart lorsqu’on lui a demandé/dit de produire un album qui jusqu’alors n’avait connu que des problèmes ?

« J’ai pensé, merde alors, dit-il. Je dois prendre la suite de Bob Rock, vraiment merci beaucoup. C’était comme se mesurer à John Holmes au concours du plus grand pénis ! »

D’accord, mais plus sérieusement…

« J’ai réalisé que j’avais les vies de mes amis entre mes mains. Si l’album était un échec, ce serait ma faute, pas la leur. Rien que d’y penser, j’en avais des sueurs froides. Finalement, ça a plutôt été un putain de bon moment. »

Et plutôt un putain de bon album, en fait. The Betrayed a peut-être essuyé plus de retards que les transports en période de grève mais ce qui vaut la peine d’être fait vaut la peine d’être bien fait. Tous les membres de Lostprophets sans exception sont d’accord sur le fait que si leur quatrième album n’avait pas été exactement à leur goût, ils n’y auraient pas associé leur nom et ne l’auraient pas sorti. Comment savoir s’ils disent la vérité ? Parce qu’ils ont dépensé une fortune pour des enregistrements qu’ils n’ont jamais utilisés, voilà la preuve. Et parce qu’ils ont attendu d’avoir ce qu’ils voulaient avant de le faire découvrir au public.

« Les gens vont adorer cet album, déclare Ian Watkins. Je le garantis. Il a mis du temps à arriver, mais il n’était pas question de sortir quelque chose que nous n’aimions pas et auquel nous ne croyions pas. Cette fois, nous avons réussi et j’ai vraiment hâte que le public l’écoute. »

Lostprophets a été formé à Pontypridd, au sud du Pays de Galles, en 1997. Le groupe se compose de Ian Watkins (chant), Jamie Oliver (claviers, platines, chant), Stuart Richardson (basse), Mike Lewis (guitares), Lee Gaze (guitares) et Luke Johnson (batterie). The Betrayed, leur quatrième album, est sorti en janvier 2010 chez Visible Noise.

 

www.myspace.com/lostprophets

 

 

 

Les LOSTPROPHETS seront en concert le 26 avril au Bataclan avec OÜI FM, des places seront bientôt à gagner !