[Live Report] Prophets of Rage : l’excellence dans la colère

Publié le 13 novembre 2017 à 12:30
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

Le vendredi 10 novembre était l’occasion pour les Américains de Prophets of Rage de donner leur premier concert en salle à Paris. Cette alliance entre les musiciens de Rage Against The Machine et des membres de Public Enemy et Cypress Hill au chant a permis aux nostalgiques de se replonger dans les années 90, sans oublier de regarder l’avenir droit dans les yeux. OÜI FM était sur place pour capturer ce moment exceptionnel.

« En ces temps dangereux, nous avons besoin de chansons dangereuses » a solennellement déclaré B-Real, sur la scène du Zénith de Paris, avant que Prophets of Rage entame l’emblématique conclusion : Killing in the Name, tube intemporel de Rage Against The Machine.

Car oui, s’il y a bien une chose qui a été prouvée ce vendredi 10 novembre, c’est que certains morceaux restent valables, même 25 ans après leur sortie. Les Américains le savent bien et ont ressorti moult hymnes enragés de leur ancien groupe, avec une petite dizaine de morceaux autrefois hurlés par Zack de La Rocha. Si les musiciens, les mêmes qu’à l’époque, gardent la maîtrise de leur morceaux, on pourra remarquer que le duo de rappeurs, B-Real (Cypress Hill) et Chuck D (Public Enemy) mettent un peu de temps à se chauffer, ce qui ne les empêche pas, une fois sur les rails, de déclamer ces fameux textes explosifs tels que Bombtrack ou Bullet in the Head.

Mais le groupe de metal fusion n’est pas le seul objet de nostalgie ce soir. En effet, les rappeurs, ne manquent pas de rappeler la gloire de leurs anciennes formations avec des morceaux repris à la sauce metal comme Fight the Power et How I Could Just Kill a Man (déjà reprise par Rage Against the Machine sur l’album Renegade), ainsi qu’avec DJ Lord pour un medley rap du plus bel effet, rappelant que le public metal est loin d’être allergique au hip hop.

Mais l’heure n’est pas uniquement à la nostalgie. En effet, le groupe a un album à présenter et ne manque pas d’en jouer les plus grands moments, comme l’incisif Hail to the Chief ou l’entêtant Unfuck the World. Leur premier EP, The Party’s Over, n’est pas oublié avec un Prophets of Rage qui tape du poing dès le début du concert. L’implication du groupe et la ferveur du public montrent que ce projet n’est pas juste là pour regarder dans le rétroviseur et laisse à espérer un bel avenir pour eux.

Un espoir qui est renforcé par la réponse du public. Ceux qui ont assisté aux concerts de Rage Against the Machine se souviennent probablement de l’ambiance à haute tension générée dans la fosse. La rage n’est pas perdue et le public ne se fait pas prier pour bouger comme il se doit et scander les refrains d’une seule voix. Et cela est aussi le cas lors des parties marquées du sceau du hip hop, la preuve avec les tremblements ressentis pendant Jump Around. La foule a également su se calmer, notamment lors de l’hommage instrumental à Chris Cornell, ex-chanteur d’Audioslave, groupe dans lequel les musiciens ont également posé leur griffe.

Les prophètes de la rage sont donc bien décidés à affirmer leur combat aussi bien sur scène que sur disque. Leur cri fait écho dans le public, il ne reste plus qu’à voir ce que l’avenir réserve à cette formation aussi expérimentée que prometteuse.

Revivez le concert en vidéo ici

Setlist :

  1. DJ Lord Set
  2. Prophets of Rage
  3. Testify 
  4. Take the Power Back 
  5. Guerrilla Radio
  6. Living on the 110
  7. Hail to the Chief
  8. Bombtrack 
  9. Fight the Power
  10. Hip Hop Medley : Hand on the Pump / Can’t Truss It / Insane in the Brain / Bring the Noise / I Ain’t Goin’ Out Like That / Welcome to the Terrordome / Jump Around
  11. Sleep Now in the Fire 
  12. Like a Stone (instrumental)
  13. Know Your Enemy 
  14. Bullet in the Head
  15. Legalize Me
  16. Unfuck The World
  17. How I Could Just Kill a Man 
  18. Bulls on Parade 
  19. Killing in the Name

C’est le trio londonien Nova Twins qui était présent pour ouvrir le bal. Formé autour du duo féminin Amy Love et Georgia South et renforcé par la présence d’un batteur, ce groupe revendique fièrement ses influences tirées de Rage Against the Machine, tout en les mélangeant à la musique électronique. Le set fut donc à la fois enragé et dansant et il y a fort à parier que de nouveaux fans se sont ralliés à leur musique.

OÜI FM en profite également pour féliciter Thomas, gagnant de notre concours, qui est reparti avec une guitare signée par les membres de Prophets of Rage, remise par le groupe en chair et en os !

 

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