L’exposition National Geographic subjugue, interroge et rend compte du monde

Publié le 15 juin 2017 à 16:14
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Le Muséum d’Histoire naturelle à Paris accueille jusqu’en septembre 2017 l’exposition « La légende National Geographic ». La fondation et le magazine sont des mythes sacré de la photographie et de la science. L’exposition, elle, interroge, subjugue et rend compte du monde.

©Barry Bishop

Rendre compte de la Terre pour faire avancer la science. Depuis 125 ans, la fondation National Geographic photographie et renseigne sur la planète, du sol à l’Everest, du sable à la mer avec toujours la même ambition : montrer le monde et ce qu’il contient. Le magazine est aujourd’hui diffusé dans 75 pays, en 33 langues différentes. Pour fêter son anniversaire, les plus belles photographies de l’histoire du magazine et de la fondation sont exposées au Muséum d’Histoire naturelle (Paris) jusqu’en septembre 2017.

« Photographier la Terre, c’est aussi vouloir la protéger », soulève Jean-Pierre Vrignaud, rédacteur en chef du magazine National Geographic en France. En riant jaune, il conseille à Donald Trump – qui a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord de Paris – de venir à l’exposition pour se rendre compte de la beauté de la Terre… et de sa destruction. Jean-Pierre Vrignaud, journaliste et grand voyageur est passionné. Capable de narrer l’histoire de chaque photo, et de ses photographes. « Vous voyez, là, c’est le Machu Pichu. C’est un jeune professeur d’Amérique Latine qui est venu voir National Geographic, à l’époque, en disant : ‘je suis sur la piste d’une cité perdu' », raconte-t-il en montrant une photographie, présente à l’exposition. « Thomas Abercrombie a appris l’arabe pour produire cette photo », retrace-t-il, en montrant du doigt sa photographie de la Mecque. En trois parties, l’exposition tente de raconter l’histoire de la fondation National Geographic avec brillot. Du drapeau bleu, marron et vert pour représenter l’air, la terre et les océans, aux plus belles photographies animalières, mais aussi aux visages les plus historiques. Avec beaucoup de sensibilité, de puissance, d’histoire et d’envoûtement, l’exposition immerge le spectateurs et lui donne envie, lui aussi, de protéger la Terre.

Des photographes considérés comme « des héros »

©Georges Shivas. Photo réalisée en 1902.

Le magazine National Geographic est paru pour la première fois en 1888. Il a fallu attendre 1905 avant qu’il intègre la photographie. Depuis, des dizaines de photojournalistes ont été publiés dans ses pages. Mieux : nombre d’entre eux ont participé au World Press Photo, l’une des plus prestigieuses remises de prix dans le domaine. Pour Jean-Pierre Vrignaud, les photographes de National Geographic sont des héros. Des aventuriers, aussi. Georges Shiras, par exemple, est un pionnier de la photographie animalière au XXème siècle. Il a réalisé des portraits de nuit d’animaux époustouflants, surtout pour l’époque. Né en 1859 en Pennsylvanie, il utilise une technique empruntée aux Indiens ojibwés pour photographier ses proies. Elle consiste, rappelle Libération, à s’approcher de l’animal, depuis un bateau, en remuant une flamme. L’animal reste, de fait, complètement captivé par la lumière. Georges Shiras, lui, a troqué le fusil contre l’appareil photo. Depuis 2006, l’édition américaine de National Geographic organise par ailleurs un concours international de photographie.

L’exposition  » La légende National Geographic » est à découvrir jusqu’au 18 septembre 2017.  Courrez-y.

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