Les premiers concerts des Doors enfin édités

Publié le 19 décembre 2016 à 11:06
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur
The Doors

De gauche à droite : John Densmore, Robby Krieger, Ray Manzarek et Jim Morrison

Une première d’une série pour fêter le cinquantenaire de Jim Morrison et sa bande.

Groupe mythique et inclassable des années 60 et 70, emmené par le sex symbol aussi chamanique que subversif Jim Morrison, The Doors connurent un des destins les plus allégoriques de l’histoire de la pop music, avec un haut degré de sexe, de drogues et de rock’n’roll. Une course menée tambours battants et qui s’arrêtera brutalement le 3 juillet 1971, lorsque Jim Morrison est retrouvé mort dans son appartement parisien.

Avec seulement une poignée d’albums (en comptant les trois parus après la disparition de Morrison), les Doors ont marqué une époque, à mi-chemin entre les libérations de l’époque et la recherche d’un ailleurs psychédélique. Et pour cause : presque 50 ans plus tard (2017 marquera l’anniversaire du premier disque culte du quatuor), les légendes continuent de faire parler d’elle, et en profitent pour sortir pour la première fois un de leurs tout premiers concerts captés au London Fog, bar qualifié de « miteux » par John Densmore (batteur) lui-même, donnant à l’époque sur le fameux Sunset Strip de Los Angeles.

En 1966, les quatre membres des Doors ont à peine la vingtaine, se sont rencontrés quelques semaines plus tôt à l’école de cinéma UCLA, et sont à quelques mois à peine de la sortie de leur premier album, enregistré grâce à des concerts de plus en plus chaotiques, et les conseils avisés d’un certain Arthur Lee (du groupe Love) qui les fera signer sur le label Elektra Records – il s’en mordra les doigts par la suite, l’histoire les ayant délaissé lui et sa bande. En attendant, les quatre jeunes imprudents font leurs armes au sein du London Fog. Payés 5 dollars chacun par soir (le double les week-ends), ils enchaînent quelques reprises enjouées des standard blues de l’époque (Them, Muddy WatersWilson Pickett) entre quelques morceaux originaux tels que Strange Days ou encore You Make Me Real, le tout devant un public aussi foisonnant qu’attentif – comprendre « pas du tout. »

Enregistrements rares, intenses, point de départ d’une histoire hors norme, ce Live From The London Fog contient des débuts hésitants, le brouhaha d’un public bruyant et des verres qui s’entrechoquent. Le groupe sera viré pour une bagarre qu’il aurait généré (ce que dément Densmore), mais enchaînera rapidement avec le Whisky-À-Go-Go, qui marquera les premiers mois de la sulfureuse célébrité des Doors.

Des enregistrements qui en appellent d’autres – en 2017, attendez-vous à ouvrir de nouvelles portes…