Le meilleur du festival Art Sonic 2016

Publié le 26 juillet 2016 à 16:11
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Ou du samedi, plus précisément.

Chaque été, le festival Art Sonic organisé à Briouze en Normandie respire un fort parfum de vacances. Cette année plus que jamais, avec Sacha et Caro aux commandes de l’émission en direct que vous avez pu découvrir sur OÜI FM, le beau temps, l’accueil toujours aussi impeccable et la programmation toujours plus riche d’année en année, difficile de ne pas renouveler nos vœux auprès de l’organisation de l’événement.

Et qui de mieux que le président du festival pour nous en parler ? Arnaud Louveau est venu nous confirmer la très bonne santé d’Art Sonic (qui affichait complet cette année). L’événement, qui fête ses 20 ans, est passé par toutes les phases que l’on peut imaginer lorsqu’il s’agit de l’organisation d’un festival de musique : les succès, les galères, les remises en question (notamment autour d’une édition 2007 catastrophique). Fort de cette expérience, Art Sonic se distingue aujourd’hui par son cadre intimiste et sa programmation compacte et éclectique. Une identité qui semble bien lui réussir, devant le succès incontestable de cette 20ème édition.

Une édition qui aura su viser juste en termes de programmation : avec une belle harmonie entre grosses pointures et découvertes, les deux soirs d’Art Sonic comblaient toutes les attentes. Et nous qui étions présents le samedi (le deuxième et dernier jour, ndlr), nous n’avons pas regretté notre choix : en tête d’affiche, les metalleux bien de chez nous Mass Hysteria venaient redonner un peu d’espoir à cette sombre page d’actualité que traverse la France. Frondeurs et vindicatifs, les cinq gars n’ont pas ménagé Briouze. Et avec la musique de Mass Hysteria, difficile de faire autrement.

L’autre grand nom de cette édition d’Art Sonic, c’était Hyphen Hyphen : le quatuor niçois continue de défendre corps et âmes (littéralement) leur très réussi premier album, couronné d’un succès aussi critique que commercial. Et si Times a presque un an, il reste pourtant le noyau central d’une prestation débordante d’énergie et de panache, avec une Santa solaire faisant voguer le public de la pop ésotérique à des vibes hip-hop avec un naturel déconcertant. « On va faire la fête ce soir » lance-t-elle après l’introduction : pari réussi, et longue vie à Hyphen Hyphen.

Cette année, la surprise portait un bouc et des symboles païens : le trio The Goaties (récent coup de cœur de Sacha avec leur album Sueur froide) ravive la flamme du punk, et l’alimente avec une imagerie de cirque très surprenante. Chantée aussi bien en français qu’en anglais, la musique de ce wolf pack caennais sonne comme la renaissance d’un certain état d’esprit roots, comme si la musique et la façon qu’elle avait de s’exprimer revenait à quelque chose de plus sincère, de plus brut et d’un peu plus spectaculaire – au sens propre du terme. Qui a dit que le punk était mort ? Certainement les mêmes qui diagnostiquent la même fin au rock’n’roll en général.

Celui qui faisait également figure d’outsider pour cette édition 2016 d’Art Sonic, c’était Jahen Oarsman : déjà mis à contribution par Moriarty, Yael Naim ou encore Shake Shake Go, ce prodige de la folk française était venu présenter Hyde and Seek, son nouvel album, et de ses rêves de musiciens, comme collaborer avec Ben Harper – rien que ça ! Retrouvez l’interview intégrale orchestrée par Sacha et Caro juste ici :

Figure de proue de la nouvelle scène hexagonale, le duo Lilly Wood And The Prick était également sur les planches de la scène A du festival. Nili et Benjamin continuent leur irrésistible ascension, et deviennent de sérieux prétendants au trône de la pop française. Embrassant de nouvelles influences nord-américaines, que ce soit en termes de look ou de son, le duo n’a jamais semblé aussi sûr de lui ; de quoi laisser rêveur quant au successeur de Shadows, sorti il y a bientôt un an.

Cette année encore, Art Sonic connut une édition gorgée de musique et de soleil – difficile de faire cocktail plus alléchant lorsqu’il s’agit d’un festival. Convivial, conservant un certain sens de la promiscuité et toujours aussi accueillant, l’organisation n’a rien à envier aux grandes pointures (ce serait même plutôt le contraire !). Et OÜI FM espère être encore là pour les 40 ans de l’événement.