La lettre qui prouve que John Lennon et Paul McCartney s’aimaient comme des fous à la fin des Beatles

Publié le 15 novembre 2016 à 14:08
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

C’est beau l’amitié.

La maison de vente aux enchères RR Aunction vient de dévoiler une lettre écrite par John Lennon et sa compagne Yoko Ono à l’attention de Paul McCartney et sa femme Linda, quelques temps avant le départ des deux premiers pour les États-Unis. « [La lettre] témoigne de l’intense rivalité qui régnait entre les deux hommes, des mois, des années même après la fin de The Beatles » commente Robert Livingston de RR Aunction.

Pour rappel, les Fab Four se séparèrent peu de temps après la sortie de leur dernier album, Let It Be, le 8 mai 1970. Produit par Phil Spector, le disque ne connaîtra qu’une brève période de promotion, et concentrera les ultimes efforts d’un groupe à bout de souffle, lessivé par un succès en coup de massue. Une disgrâce qui emmènera Paul McCartney à ralentir le processus de séparation par voie légale, ne la rendant officielle que le 29 décembre 1974, soit de longues années après que les Beatles n’aient cessé de jouer ensemble.

Ci-dessous, la fameuse lettre, accompagnée d’une traduction :

John Lennon et Paul McCartney : l'amour fou dans une lettre assassine

John Lennon et Paul McCartney : l'amour fou dans une lettre assassine

Chers Linda et Paul,

En lisant votre lettre, je me demandais quel genre de fan farfelu avait pu l’écrire. Je me suis retenu de lire la fin de la dernière page pour le découvrir – je me demandais qui cela pouvait-il bien être – Queenie ? la mère de Stuart ? la femme de Clive Epstein ? Alan Williams ? Bordel – mais c’est Linda !

Tu penses vraiment que la presse en a quelque chose à faire de toi/moi ? Vraiment ? Tu nous prends pour qui exactement ? La partie sur « l’hédoniste qui ne réalise pas le mal qu’il fait autour de lui » – J’espère que tu te souviens de toute la merde que toi et mes autres amis « gentils et plein de compassion » avez jeté sur Yoko et moi depuis que nous sommes ensemble. Certains passages sont un peu plus nuancés, ou devrais-je dire « adressés à la classe moyenne » – mais ça reste rare. On a été « au-dessus de tout ça » quelques fois déjà – veuillez nous excuser -, c’est le moins que vous puissiez faire pour nous – ô nobles gens. Linda – si tu te fiches de ce que je dis – ferme-la ! Laisse Paul écrire – mais peu importe.

Quand on m’a demandé ce que je pensais de la MBE (la Légion d’honneur britannique, ndlr), etc. – je leur ai répondu avec tout ce dont je me rappelais à ce sujet – et je me rappelle avoir eu un peu honte à l’époque – et toi Paul ? Tu continues de croire en tout ça ? Je n’en voudrai plus à Paul d’encourager les Beatles – le jour où il me pardonnera d’avoir fait la même chose en retour, d’avoir été « honnête avec moi et s’en être soucié plus que de raison » ! Bordel Linda, t’écris pas un livre sur les Beatles !!

Je n’ai absolument pas honte des Beatles – (j’étais là aux débuts) – mais j’ai honte de toute cette merde qu’on a dû endurer pour les rendre si grands – je pensais qu’on ressentait tous la même chose, à des degrés différents – ce n’est visiblement pas le cas.

Tu crois sincèrement que la majorité de l’art produit aujourd’hui l’est grâce aux Beatles ? – Je ne peux pas croire que tu sois fou à ce point – Paul – tu crois vraiment ça ? Arrête ça de suite et réveille-toi ! Est-ce qu’on s’est pas toujours dit qu’on faisait partie de la mouvance – et non pas qu’on l’incarnait ? Bien sûr qu’on a changé le monde – mais va au bout de la démarche – DESCENDS DE TON NUAGE EN OR !

Et ne me fais pas ton numéro de Tata Jeannie en me sortant que « je serai quelqu’un d’autre dans cinq ans » – C’EST DÉJÀ LE CAS ! – Si seulement je savais DÈS LORS ce que je sais MAINTENANT – on dirait que ça t’échappe…

Excuse-moi d’utiliser « le temps de parole Beatles » pour dire ce que je pense – si on continue de me poser des questions sur le groupe, j’y répondrais, forcément – et je sais que certaines peuvent être personnelles – mais je fais du mieux que je peux pour y répondre, quoique tu penses – et ils se servent évidemment du plus croustillant – je n’en veux pas à ton mari – j’ai de la peine pour lui. Je sais que les Beatles sont plutôt « des gens sympas » – j’en fais partie – mais ce sont aussi des enfoirés comme tout le monde – alors redescends sur Terre ! Au fait, on est chacun plus émancipés dans nos activités depuis un an, que dans toute l’époque Beatles réunie.

Pour finir, concernant le fait que je ne dise à personne que j’avais quitté les Beatles – PAUL et Klein ont passé une journée entière à me convaincre que c’était mieux de ne rien dire – parce que ça « blesserait les Beatles » et qu’il fallait « laisser tourner le moulin » –  tu t’en rappelles ? Donc enfonce-toi ça dans ton petit esprit perverti, Mme. McCartney – ces petites putes m’ont demandé de la boucler. Bien sûr, l’aspect financier a son importance – pour nous tous – surtout après toutes les conneries que votre famille et vos avocats ont sorti – et QUE DIEU TE VIENNE EN AIDE, PAUL – on se voit dans deux ans – je présume que tu seras sorti –

malgré tout ça

on vous aime

de la part de tous les deux

P.S. sur le fait que cette lettre ne soit adressée qu’à moi – JE SUIS ENCORE… !!!

-Via-