Festival les Primeurs de Massy : « On cherche à brouiller les points de repères musicaux »

Publié le 10 octobre 2016 à 14:02
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Le festival les Primeurs de Massy dans la salle Paul B programme depuis dix neuf ans des artistes qui n’ont sorti qu’un album dans l’année. Depuis deux ans, le festival s’expatrie au même moment à Castres… avec la même programmation, non thématique, qui permet au public de découvrir des artistes souvent inconnus. Il revient du 26 au 29 octobre 2016. Rencontre avec Christian Maugein, le directeur du festival.

OÜI FM – Le but du festival les Primeurs de Massy est de programmer des artistes qui ont sorti exclusivement un album dans l’année. Sur quel(s) style(s) ou genre(s) musicaux vous basez-vous ?

Christian Maugein – En réalité, sur rien (rires). On fonctionne à l’esthétique musicale. Dès le départ, nous voulions brouiller les points de repères, que le public n’est pas les moyens de créer des comparaisons entre les groupes. C’est un festival de découvertes. Notre but est donc aussi de forcer le public à entendre des artistes qui sortent de ce qu’ils écoutent habituellement. D’ailleurs, il y a eu une année où les soirées étaient un peu plus homogènes, plus logiques. Résultat, on a reçu des mails de certains spectateurs qui nous ont dit avoir passé un moins bon moment que les années précédentes. Là, on s’est dit ‘Oh la la, on est sur la mauvaise pente’, et on reparti comme avant.

OÜI FM – Certains reprochent à la nouvelle scène musicale française d’être trop homogène. Certaines sonorités, certaines paroles et certains styles musicaux se retrouvent chez beaucoup d’artistes. Le ressentez-vous, et est-ce une difficulté pour vous ? 

Christian Maugein – Nous avons eu ce sentiment pendant le mouvement pop-folk il y a quelques années. Il a un peu formaté les groupes. Avec le recul, c’est vrai qu’on a eu quelques années difficiles de ce point de vue-là. On s’est fait cette réflexion en écoutant quatre ou cinq titres d’affilés de notre compilation annuelle (celle des artistes programmés ndlr). On pouvait croire que c’était le même artiste qui jouait. Mais depuis deux ans, il y a un renouveau de la créativité. Peut-être dû au fait que des artistes se remettent à chanter en français. Ça en a ouvert certains, et déculpabilisé d’autres. Avec le mouvement pop-folk, chanté en anglais, on s’enfermait dans des codes. Cette année, je remarque surtout des influences de musique du monde !

OÜI FM – Le festival les Primeurs de Massy ce n’est pas que de la musique, c’est aussi de l’art plastique… 

Christian Maugein – Depuis le début du festival, on cherche à ce que les spectateurs ne voient pas, ne mangent pas et ne boivent pas comme d’habitude. Nous sommes un festival, nous avons une âme et chaque année, nous créons une histoire. Tout doit être pris en compte, et surtout dans le lieu. Pour notre 19ème édition, c’est le collectif Yok Yok qui a été mandaté par la ville de Massy pour l’aspect décoratif et visuel.

Treedom, installation "symbole" conçue par Yok Yok pour le Sziget Festival à Budapest.

Treedom, installation « symbole » conçue par Yok Yok pour le Sziget Festival à Budapest.

Même si les anniversaires angoissent Christian Maugein, le festival les Primeurs de Massy fêtera ses vingt ans l’année prochaine. Si rien n’est encore prévu, les artistes présents cette année touchent, eux, tous les styles musicaux. La programmation complète juste ici.

Propos recueillis par Angèle Chatelier, en partenariat avec le festival les Primeurs de Massy