Festival d’Été de Québec : le récit de Thomas Caussé

Publié le 18 juillet 2016 à 17:22
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Notre Toto a traversé l’Atlantique et vous raconte ce qu’il a vu chez nos cousins québécois. Et y a du beau !

Comme c’est écrit sur toutes les plaques d’immatriculation au Québec, « je me souviens. »

Je me souviens donc de ces quelques jours passés au Festival d’Été de Québec, dont la 49ème édition s’est déroulée sur une dizaine de jours dans toute la ville de Québec. Entre concerts gratuits dans la vieille ville, concerts payants en club et méga-show sur le site des Plaines d’Abraham, immense parc à Québec, le Festival d’Été de Québec (ou FEQ comme on dit aussi) s’est inscrit en capitale sur la carte des festivals nord-américains puisque ces dernières années, il a déjà accueilli The Rolling Stones, AC/DC, Paul McCartney, Metallica, Foo Fighters ou même Michel Fugain.

Voilà pour le décor et les présentations, place maintenant à mes souvenirs !

Festival d’Été de Québec, je me souviens d’abord de l’immensité du projet, la démesure des sites et des espaces. Ces fameuses Plaines d’Abraham ou se déroulent les méga-concerts : imaginez une prairie en pente douce de 500m de large sur 300m de long. Une scène si imposante, si massive qu’elle demande à elle seule plus d’une semaine de travaux ! Mais imaginez aussi un endroit où il y a de la place, où on peut respirer, se poser en famille si on veut profiter du concert d’un peu plus loin. Les québécois trimballent avec eux un esprit très cool, très respectueux, très bon enfant dans le public, et cet état d’esprit est aussi celui des équipes de sécurité, de contrôle aux entrées. Enfin, imaginez que dans ce festival, ce n’est pas à vous d’aller vers la boisson (je dis boisson mais il faut lire « bière »), mais la boisson qui vient à vous : des porteurs de canettes fraîches vendent leur produit façon ouvreuse de cinéma en se baladant dans la foule !

Festival d’Été de Québec, je me souviens d’avoir baigné dans une culture fleur de lys avec Radio-Radio, groupe hip-hop/electro énergique qui place leur texte en chiac. Le chiac, c’est ce mélange entre anglais-américain, vieux français et langue cajun+acadien. Un patois pratiqué dans l’est du Canada, à droite sur la carte, ou plutôt à « drette » comme cela se dit en chiac ; d’ailleurs, on ne traverse pas la rue, mais « on crosse le street » et ça ne choque personne. En ce sens, écouter Radio-Radio, Galope ou Dekshoo est aussi délicieux que de déguster une poutine aux côtes levées !

Festival d’Été de Québec, je me souviens que pour cette année, l’affiche rassemblait Peter Gabriel et Sting, Half Moon Run et X Ambassadors, Rammstein et Julien Clerc. Mais surtout le FEQ accueillait pour la première fois les Red Hot Chili Peppers ! LA plus grosse soirée des festivités (pas loin de 80 000 personnes ce soir là) m’a également permis de juger la forme du groupe après la sortie de The Getaway et avant leur double passage à Paris cet automne. En format festival, le groupe n’a pas déroulé une setlist de concert, et est carrément passé au best of : en 1h30 de show, ils déroulent Can’t Stop, Snow, Californication, Give It Away, Under The Bridge, By The Way ou Otherside. Une visite appuyée juste ce qu’il faut du nouvel album avec Dark Necessities, The Getaway (le morceau) et Go Robot. Et pour les plus pointus, ils ont eu la bonne idée de distribuer généreusement If You Have To Ask et Ethiopia. Plutôt alléchant comme programme, non ? Hélas, pas tout-à-fait.

Le bonheur n’a pas été total pendant ce concert des RHCP au FEQ. Comme l’Euro n’est pas encore trop loin dans les mémoires, il faut comprendre que ce groupe, cette équipe, joue hyper bien mais il lui manque un attaquant, un buteur, une personnalité qui affole le public et les défenses adverses. Antony Kiedis n’a rien d’un grand frontman : passés ses pas de danse façon « boxeur-avant-de-monter-sur-le-ring » il ne dégage pas grand-chose, ne va pas contact ni même chercher le public au fond (ni devant, ni sur les côtés d’ailleurs). Ce soir-là, il avait 80 000 fans devant lui, c’était du tout-cuit, et un « bonjour Québec » ou un « merci les amis » – même en anglais – aurait fait l’affaire. Et là, rien. Dommage, parce que derrière, ça joue. Flea est un virtuose. Chad Smith tient la baraque façon poutres apparentes avec ses deux baguettes. Et Josh Klinghoffer s’installe de mieux en mieux à la guitare et aux chœurs en adoptant parfois certaines mimiques à la Frusciante.

Festival d’Été de Québec, je me souviens que faire cohabiter les mots « été » et « Québec » porte beaucoup de sens : si l’hiver est intense dans cette région, l’été l’est tout autant. Une saison attendue, espérée, courte, à vivre en plein. À vivre tout court ! L’an prochain, le festival fêtera ses 50 ans, et les organisateurs promettent déjà de grosses surprises pour cette édition anniversaire.

Et sur ce, je me souviens de réserver mon séjour !!!

Thomas Caussé