Bob Marley : un chanteur militant

Publié le 11 mai 2016 à 16:25
Aurélie Duhamel Par Aurélie Duhamel
Contributrice

Hommage à Bob MarleyIl s’est éteint le 11 mai 1981. 35 ans après sa mort, le militantisme du chanteur jamaïcain sert toujours de modèle. Retour sur cinq chansons engagées de l’un des pacificateurs les plus influents de sa génération.

Porte-voix de toute une génération, Bob Marley fait partie de ces artistes dont l’héritage demeure impérissable. Bob Marley fait encore couler beaucoup d’encre, et pour cause : sa musique se voulait l’écho de l’humeur du temps, de la recherche d’un idéal de paix et de tolérance.

Au delà des discours, le chanteur a su rallier autour de lui une jeunesse jamaïcaine éprise de justice et de liberté. Rapidement érigé en symbole, le chanteur aux plus de 200 millions de disques vendus a permis l’avènement du mouvement rastafari, exporté dans le monde entier à travers le reggae. Le répertoire de Bob Marley est truffé de chansons engagées, la plupart écrites sous l’Apartheid, particulièrement sévère en Afrique du Sud.

« Ma vie m’importe peu, celle des autres est importante. Ma vie n’a d’importance que si elle peut servir à des tas de gens » Discours de Bob Marley, Kingston, 1980

En 1963, Bob Marley fonde le groupe The Wailers et délivre son premier succès un an plus tard avec le titre Simmer Down. En 1965, Bob Marley délaisse le style ska au profit du rocksteady, au rythme plus lent. Avec One Love, il s’adresse à la jeunesse des ghettos en pleine effervescence, qu’il tâche d’apaiser : «Let’s get together and feel allright ». Une autre version du morceau, plus rapide, sortira en 1977.

En 1973, le groupe écrit Get Up, Stand Up pour l’album « Burnin' » : un hymne anti-raciste dénonçant les persécutions subies par les minorités ethniques en Afrique. « Stand up for your right », scandait-il alors. Un refrain lourd de sens, dans une Jamaïque post-coloniale.

À la fin des années 70, l’activisme de Bob Marley est de plus en plus palpable, notamment à l’occasion du One Love Peace Concert donné au stade de Kingston en 1978. Deux opposants politique, Edward Seaga et Michael Manley, premier ministre de l’époque, échangent une poignée de main sur scène à la fin de Jamming, chanson extraite de l’album Exodus (1977). Il s’agit de l’un des plus gros succès du groupe, peu de temps avant que le diagnostic du cancer de Bob Marley ne tombe…

C’est en 1979 que Bob Marley & The Wailers signent l’un de leurs albums les plus engagés avec Survival. L’Afrique et le Tiers-Monde, fil conducteur de ce disque truffé de protest song. Au sommet de son art, Bob Marley offre avec Survival une chanson optimiste, appelant à une plus grande liberté et égalité entre les peuples, sublimée par des cuivres remarquables. Jugez par vous-même !

Uprising sera le dernier album des Wailers. Enregistré en acoustique et entièrement composé par Bob Marley, Redemption Song clôt en quelque sorte l’œuvre fondatrice du chanteur, qui décédera un an plus tard, le 11 mai 1981. Le chanteur tire sa révérence avec l’un de ses textes les plus poignants, dont certains passages sont des références directes au discours du leader panafricaniste Marcus Mosiah Garvey, prononcé au Canada 1937: « Affranchissez-vous de l’esclavage mental….aucune, mais nous pouvons libérer notre esprit ». Surnommé le « Moïse noir », ce journaliste révolutionnaire est considéré comme l’un des nationalistes africains les plus influents de son époque.

Aurélie Duhamel