Au studio Warner, Elements 4 (gagnants du tremplin Firestone) déploient leur malice et leur rock aguicheur

Publié le 5 octobre 2017 à 10:44
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Les grands gagnants du tremplin musical Firestone Music Talents, Elements 4, ont usé de leurs prix : après un concert brûlant au festival Rock en Seine, les voilà au studio Warner Music France pour enregistrer avec des professionnels l’un de leurs titres, Jeunes Loups. Nous y étions.

Elements 4 à Warner Music France

C’est avant tout une histoire de fratrie : trois frères, une sœur. Tous forment Elements 4, un groupe de rock déterminé, émérite et pas candide pour un sou. Pourtant, la bassiste, chanteuse et dernière de la famille, Louise, n’avait que 12 ans lorsque le groupe sortait son premier EP, Our Dimension, en 2011. Le groupe est revenu en août 2016 avec le second, Idées Noires. Surtout, ils remportaient en juin dernier la première place du tremplin musical Firestone Music Talents.
Plus qu’un prix en poche, les Strasbourgeois se voyaient jouer deux mois plus tard au mythique festival Rock en Seine, sur la scène Firestone, juste à l’entrée du festival – l’aubaine ! « C’était un moment fou. Intense. On s’est éclaté et je pense que le public aussi », a confié Antoine, guitariste et chanteur. Normal, aussi, lorsque l’on sait que le nom de groupe s’affichait de facto aux côtés des plus grands artistes (Franz Ferdinand, The xx, PJ Harvey… ). Ce lundi, ils posaient leurs pieds dans les studios de Warner Music France pour y enregistrer un de leurs titres, Jeunes Loups. Un autre cadeau du tremplin Musical Firestone Music Talents.  « On sait que c’est une opportunité exceptionnelle », note Antoine. Pour cause : ils sont reçus, choyés et encadrés.

Antoine, chanteur et guitariste d’Elements 4

Stressés et excités, les quatre frangins et frangines posent avec aisance leurs instruments dans ce lieu un peu en bordel, mais surtout ésotérique, magique et ennivrant – Liam Gallagher a joué en session privé à l’étage au-dessus la semaine précédente, c’est dire ! L’ingénieur son guide le groupe tout en lui faisant confiance : « Vous utilisez quoi comme logiciel de son à la maison ? », demande-t-il à Paul-Emile, dont les mains parcourent les claviers. Les batteries ont été enregistrées à la maison en amont, justement. L’ingé son commence par enregistrer les claviers, puis la basse, les guitares et la voix. Quand les uns jouent, les autres restent rock. Antoine s’applique de la crème sur son nouveau tatouage. Louise agite sa veste en cuir rose pâle. Tous semblent impressionnés, attentifs, mais sont surtout bien entourés.

Sylvie, leur maman, a fait la route avec eux : aujourd’hui, elle est même devenue leur manageuse. Elle semble avoir l’habitude de suivre ses enfants. Ils ont commencé tout jeune : la dernière de la famille, Louise, n’a que 18 ans. A dix ans, elle s’éclatait déjà avec ses frangins sur des instruments. Entre chacun, il n’ y a que deux ans d’écart. Mieux, ils suivent sensiblement le même cursus scolaire : médecine ou pharmacie. Pas question pour l’instant de quitter leur études, question de sécurité, disent-ils.
Entre eux, leur fusion est faussement timide dans la vie et évidente sur scène. « On est comme des amis, on fait plein de soirées ensemble », raconte Antoine. Deux d’entre eux étaient même en coloc’ ensemble à Strasbourg.
Mais jouer en famille a aussi ses difficultés et Antoine ne manque pas de les noter : « On s’adore mais il y a toujours plus de tensions entre frères et sœurs. On peut être plus crus et méchants qu’avec des amis, aussi. »

Pourtant autant, leur expérience apportée grâce au tremplin Firestone Music Talents, ils la croquent tous à pleine dents et en parfaite cohésion. « L’équipe de Firestone et leur tremplin répondent à une problématique essentielle pour les groupes émergents qui est ce besoin de visibilité », note Antoine, déjà rodé à l’exercice de l’interview. « Puis l’argent, aussi, ajoute-t-il, qui a les moyens d’enregistrer dans des studios comme ça ? »
Certainement pas nous, et tant mieux pour eux ! Il semble que les Strasbourgeois soient bien partis pour fouler les scènes… plutôt que les bancs de la fac.