Au revoir les salles de cinéma, bonjour la VOD ?

Publié le 4 mai 2017 à 13:06
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Le réalisateur J.J Abrams a une théorie : bientôt, les films sortiront en salles… en même temps qu’en VOD. Le réalisateur a exposé sa prédiction au Milken Institute, un groupe de réflexion d’économistes.

« Il y a une chaîne de cinémas qui déteste les films, j’en suis persuadé. » attaque d’emblée J.J Abrams, célèbre réalisateurs de films à succès comme Super 8 ou Star Wars : Le Réveil de la Force. Présent au Milken Institute – sorte de think tank d’économistes -, lundi 1er mai 2017, il a exposé sa théorie : selon lui, il est inévitable que dans peu de temps, les films sortent en salle, en même temps qu’en VOD.

« Tu vas là-bas. Ils ne sont pas aimables. Il fait froid. Pas de musique. Les lumières s’éteignent dès que le film commence. Pas de cérémonial. Les fauteuils ne sont pas confortables. Tu es persuadé que quelqu’un se tient devant le projecteur. Et pendant ce temps, la plupart des spectateurs ont chez eux des télés qui ont une meilleur image que celle de la salle. » a-t-il ajouté, ne mentionnant pas de quelle chaînes de salles de cinéma il s’agit.

Force est de constater que les plateformes de films et séries type Netflix, OCS ou même Canal + connaissent un succès grandissant. Directement depuis son lit, tout devient accessible. Pire pour certains amoureux du cinéma, le festival de Cannes a même sélectionnés deux films Netflix pour sa 70ème édition. Une première. Si cette nomination fait débat, c’est que la plateforme est accusée de défavoriser les salles de cinéma en ne respectant pas la chronologie des médias, rappelle Premiere. En effet, un film français sorti au cinéma est aujourd’hui disponible 36 mois après sa diffusion en salle, en VOD ou streaming légal.

  • The Screening Room, le nouveau Spotify du cinéma ?

Le cinéma, semble-t-il commence à connaitre la crise qu’a vécu la musique lors de l’arrivée des plateformes type Spotify ou Deezer. J.J Abrams s’est donc rallié à une solution : The Screening Room. Mené par Sean Parker, ce projet se base sur un principe d’abonnement. Un utilisateur payera pour pouvoir visionner les films en toute légalité, alors qu’ils viennent de sortir en salles de cinéma. Principe qui, selon lui, va « accroitre le public d’un film, et non le déplacer du cinéma au salon » avait-il déclaré dans un communiqué. A l’annonce d’un tel projet en mars dernier, la polémique était née : « Le cinéma est une des dernières formes d’art collectif. C’est un groupe de personnes qui ne se connaissent pas et partagent des histoires », s’était indigné M. Night Shyamalan, sur Twitter. Aucune date de sortie de ce projet n’a encore annoncée, comme le rappelle Telerama dans ce dossier très complet à ce sujet.

De son côté, J.J Abrams a expliqué son choix de soutenir The Screening Room au Milken Institute : « Je comprends les réalités économiques du sujet, et ça fait mal. En même temps, si (les salles) ne jouent pas le jeu, vous feriez mieux de ne pas amener les gens au cinéma pour leur faire vivre ce genre d’expérience. Les gens veulent voir des films, et ne peuvent pas toujours aller au cinéma. Il semble que c’est une chose inévitable que les films deviennent disponibles en premium. » Ce que rappelle Telerama c’est que ce principe existe déjà… pour les plus riches d’entres nous. Depuis quatre ans, Prima Cinema propose de visionner directement de chez soi les films dès le jour de leur sortie en salle, pour la modique somme de 35 000 dollars l’installation de la box, et jusqu’à 1000 dollars par location de film.