Placebo

Placebo

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©Kevin Cummins

Placebo est un groupe de rock alternatif formé depuis 1994.

Le trio Placebo, autour de la personnalité charismatique et ambiguë de son chanteur Brian Molko, brandit l’étendard du glamour et de la subversion. Depuis le milieu des années 90, le groupe s’est imposé comme chef de file d’un revival glam et cold wave. Les six albums studios de Placebo, empreints de noirceur et de romantisme, se sont vendus à près de dix millions d’exemplaires dans le monde.

Brian Molko, de nationalité britannique et américaine, passe la majeure partie de son enfance et de son adolescence au Luxembourg. Il y fréquente alors la même école que Stefan Olsdal (suédois), mais les deux adolescents ne se côtoient pas. Brian, pour tuer l’ennui qu’il ressent dans ce pays, passe son temps dans sa chambre à écouter des disques et à apprendre la guitare en autodidacte.

En 1990, peu avant sa majorité, Brian part pour Londres, où il s’inscrit au Goldsmith’s College, école d’art dramatique. C’est à cette époque qu’il rencontre Steve Hewitt, batteur déjà engagé dans divers projets musicaux. Il accepte toutefois d’accompagner Brian en duo dans des clubs londoniens.

En 1994, Brian retrouve par hasard Stefan Olsdal, arrivé quelques années auparavant à Londres pour y étudier la musique. Brian, lui, est sorti de l’école depuis deux ans. Dépressif et au chômage, il continue pourtant la musique, et se produit toujours dans des pubs avec Steve. Quand Stefan va voir le duo jouer, il leur propose d’emblée de collaborer avec eux.

C’est sous le nom d’Ashtray Hearts, en référence à un titre de Captain Beefheart, que Brian et Stefan commencent à composer ensemble. Steve, occupé par les groupes Breed et Boo Radleys, n’est pas encore considéré comme un membre permanent d’Ashtray. Le duo enregistre quelques démos, une première maquette, mais Steve Hewitt est contraint d’abandonner le projet quand les Breed partent assurer les premières parties de Nick Cave. Robert Schultzberg, un ami d’enfance de Stefan, prend la relève du batteur, et le nouveau trio se rebaptise alors Placebo.

Le groupe répète intensivement pendant trois mois avant de donner son premier concert. Deux mois plus tard, Brian au chant et à la guitare, Stefan à la basse et Robert à la batterie, enregistrent six titres au studio Sound Advice de Deptford. Placebo continue de tourner, et fera notamment, en juillet 1995, une première partie remarquée d’Ash, à Dublin.

Alors que la scène brit-pop est à son point culminant, les jupes et le maquillage de Molko font pour le moins contraste. Le groupe se voit pourtant proposer de participer à un tremplin rock, qu’il remporte, ce qui leur donne l’opportunité de présenter, pour la première fois, un de leurs titres (Bruise Pristine) sur une compilation du label Fierce Panda. Placebo fait alors l’objet d’une interview dans le NME, et se produit toujours sur scène, autant que possible.

Tout s’accélère en 1996, à la sortie du premier single, Come Home, sur Deceptive Records. Le titre se classe troisième des charts indie. Dans la même année, Hut Recordings (label de Virgin), signe Placebo. Le groupe est alors repéré par David Bowie, qui le fait jouer en première partie de ses concerts. Placebo crée, au sein de Virgin, son propre label, Elevator Music (et y sortira ses albums jusqu’en 2006). Sur une telle lancée, le trio enregistre son premier album éponyme en seulement quatre semaines au printemps de la même année.

Le sexe, la drogue, le rock’n roll sont donc les ingrédients d’une recette qui a toujours cours, puisqu’à la sortie de Placebo en juillet 1996, le disque rencontre très vite le succès. Placebo est donc logiquement désigné comme un espoir de la scène rock britannique, après que l’album soit devenu disque d’or en Angleterre et en France. Les sulfureux garçons de Placebo, entre la bisexualité de Brian Molko, l’homosexualité de Stefan Olsdal, régalent la presse. Robert Schultzberg, ne supportant plus la pression médiatique, ni la tension latente de ses relations avec Brian, décide de quitter le groupe peu après la sortie de l’album. Steve Hewitt fait tout naturellement son retour au sein de trio juste avant le départ en tournée.

En janvier 1997, le single Nancy Boy se classe quatrième dans les charts britanniques. Placebo ne s’accorde aucune pause, et le succès va toujours grandissant. A cette époque, le groupe fait beaucoup de scènes, notamment en première partie de U2.

En 1998, Placebo sort un deuxième albume, Without You I’m Nothing. Produit par Steve Osborne (New Order, U2), le disque est vite désigné, selon l’expression consacrée, comme celui de la maturité sur lequel se dévoilent toutes les qualités musicales et artistiques du trio. Les singles Pure Morning ou Every You Every Me (présent sur la BO du film Sexe Intentions) rencontrent un succès sans appel, et l’album se vend à un million d’exemplaires dans le monde.

En 2000, Placebo retourne en studio, et au bout de neuf mois, accouche de son troisième album, Black Market Music, qui sort en octobre. Empreint de noirceur et laissant place à des expérimentations tantôt électroniques, tantôt hip-hop, l’album ne s’en classe pas moins premier dans de nombreux pays européens.

Trois ans plus tard, Sleeping With Ghosts confirme le virage électronique nettement assumé par Placebo. D’autant qu’il est produit par Jim Abbiss, réputé pour ses collaborations avec Björk et Massive Attack. Après l’album de la maturité, celui de la consécration, donc… Logique, pour le trio adulé désormais par des millions de fans ! Le premier single, The Bitter End, passe en boucle sur les ondes, notamment en France, où le groupe a une relation toute privilégiée avec ses fans, tenant sans doute du fait que Brian Molko parle parfaitement français. Pour le public français, Placebo fera d’ailleurs adapter par la romancière Virginie Despentes le titre Protect Me From What I Want, qui deviendra le single Protège-moi. Le clip de la chanson, réalisé par Gaspar Noé, sera immédiatement censuré en France et en Angleterre.

En 2004, il est temps pour Placebo de marquer une pause. Mais les fans ont, pour attendre leur retour, deux DVD sortis la même année : Soulmate Never Dies: Live in Paris et Once More with Feeling, qui regroupe les clips des singles du groupe depuis 1996.

Deux ans plus tard, c’est sur Capitol, nouveau label du groupe, que sort le cinquième album, Meds. Il marque le retour aux sources du groupe, qui revient à un rock plus humain, privilégiant l’écriture aux prouesses techniques, avec un Brian Molko qui s’éloigne de la provocation des débuts. Le premier single sort en 2006 : Because I Want You en Angleterre, Song to Say Goodbye, pour le reste du monde.

En 2009, For What It’s Worth annonce l’album Battle for the Sun. Steve Hewitt laisse sa place à Steve Forrest, jeune batteur de 22 ans, qui vient apporter une nouvelle énergie au groupe, selon le souhait de Brian Molko. En effet, le chanteur raconte qu’à l’issue de la tournée Meds, « Placebo n’était plus un groupe, juste un nom », et aime à comparer la vie d’un groupe à un mariage, rappelant que les valeurs de ce dernier ne sont plus vraiment au goût du jour, même si c’est difficile à digérer. L’album se classe lui aussi rapidement numéro un des ventes un peu partout en Europe, et il est suivi d’une tournée triomphale, malgré quelques dates annulées à cause de soucis de santé de Brian Molko.

Quatre ans après Battle for the Sun, Placebo sort en 2013 son septième album studio, intitulé Loud Like Love. Il s’agit du dernier album avec Steve Forrest à la batterie, parti en 2015 afin de poursuivre ses projets personnels. En 2016, après avoir engagé Matt Lunn à la batterie, Brian Molko et sa bande célèbrent le 20e anniversaire de la formation du groupe avec la sortie d’un best of, A Place for Us To Dream, qui contient aussi trois inédits, dont le single Jesus’ Son. Le groupe part ensuite en tournée européenne dans le cadre du même anniversaire.

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