Miossec

Miossec

Le brestois Christophe Miossec se lance en 1995 avec son premier album, Boire. Au fur et à mesure des disques et des scènes, ses mots crus, son style direct, au service d’un spleen et d’une profonde humanité conquièrent un public fidèle, et font de lui une des valeurs sûres de la chanson française, à la personnalité forte et engagée.

Christophe Miossec

Né en 1964, Christophe Miossec grandit dans un quartier ouvrier de Brest. Il s’intéresse très tôt à la musique, notamment grâce à son frère aîné, qui l’initie à la culture rock anglo-saxonne.

Adolescent, Miossec transforme son apparence, se rase la tête, se maquille, et joue avec le groupe Printemps Noir, formation cold wave proche de Marquis de Sade. Les Printemps Noir feront une apparition aux Transmusicales de Rennes, et verront même un de leurs titres, Les yeux de Laura, repris par Goût de Luxe, connaître un certain succès en 1986.

Pourtant, le groupe finit par se séparer. A 17 ans, Christophe décide alors de mettre la musique de côté. Mais il s’ennuie ferme sur les bancs de la fac d’Histoire, et commence à travailler comme correspondant pour le journal Ouest-France où, bien vite, on lui confie les critiques rock à la rédaction de Rennes. Mais Christophe tourne vite en rond, et décide de partir pour Paris, où il enchaînera quelques petits boulots, avant de travailler comme « nègre » pour une maison d’édition, puis rédacteur pour la télévision. Toujours insatisfait, il décide de revenir à la musique. Il a alors 27 ans.

Il commence l’écriture de textes réalistes et rageurs, et les enregistre avec Guillaume Jouan, le futur complice de ses premiers disques. La maquette donnera naissance au premier album de Miossec, Boire. Pour le disque, le duo sera rejoint par Bruno Leroux, qui, comme Guillaume Jouan, est un ancien membre des Locataires. Le son aux accents punk acoustique, sans batterie, est au service des mots directs de Miossec.

L’album sort en 1995 et séduit la presse. On n’hésite pas à comparer Miossec à Gainsbourg pour ses références éthyliques, ou à Brel pour ses excès, alors qu’il est encore inconnu du grand public. Le groupe part alors pour une tournée marathon de 120 dates en France, et jouera notamment en première partie de Patti Smith. C’est à cette époque que Bruno Leroux quitte le groupe, qui recrute un batteur, un violoniste et un bassiste. La tournée se termine en apothéose à l’Olympia en mars 1997, et l’album se sera écoulé à 160.000 exemplaires.

Baiser, le deuxième album du groupe, sort au printemps 1997. Plus ambitieux, plus musical, avec un soupçon de provocation, il est porté par le single La fidélité. Les textes de Christophe sont toujours aussi crus, avec pour thème central l’amour perdu et l’échec,. Ce nouvel album sera lui aussi disque d’or. Il vaudra d’ailleurs au groupe une nomination aux Victoires de la Musique dans la catégorie Révélation de l’année, mais le il refuse d’y figurer, et s’en voit alors évincé.

Le troisième album de Miossec, A prendre, paraît fin 1998, et rassemble des personnalités de la scène alternatives, des musiciens des groupes Sloy et Dèches d’En Face. Le chanteur le reconnaît lui-même, le disque est loin d’être à la hauteur : « J’ai eu la prétention de croire qu’on pouvait à moitié improviser des chansons… J’ai pété plus haut que mon cul. »

Dans une mauvaise passe, le breton n’accouche pas sans douleur de son quatrième album. Après une première mouture qui ne le satisfait pas, Christophe Miossec choisit de se séparer de son ancien alter ego Guillaume Jouan, et reprend le travail de zéro, y laissant quelques plumes au passage. Produit par Matthieu Ballet, Brûle sort en octobre 2001. Les textes sont riches de références littéraires : la chanson Ainsi soit-elle est inspirée d’un texte de l’écrivain fétiche de Miossec, Georges Perros, ou encore le vers « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier », qui est emprunté à Stig Dagerman. L’album comprend également un hommage à Juliette Gréco (Madame), pour qui Christophe Miossec écrira des textes quelques années plus tard.

Le désormais quadragénaire Miossec publie en 2004 son cinquième album, 1964. Il s’entoure de Joseph Racaille (arrangeur pour Alain Bashung, Thomas Fersen, Dick Annegam, Arthur H…), Jean-Louis Pierrot, Edith Fambuena (des Valentins), et de Yan Péchin, qui contribuent à insuffler à 1964 une énergie vitale. Le disque marque le retour de la paix dans l’esprit du brestois, mais aussi du plaisir de jouer. L’album est porté par le single Je m’en vais.

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En parrallèle, Miossec est souvent sollicité par d’autres artistes pour ses talents d’auteurs. Ainsi, il offrira des titres à Johnny Hallyday, Jane Birkin, Axel Bauer, ou encore Mass Hysteria, Yann Tiersen et Joseph d’Anvers.

L’étreinte, sixième album du chanteur, sort en 2006. Enregistré à Bruxelles avec la complicité de Stef Kamil Laurens du groupe belge Zita Swoon, il est souvent considéré comme le meilleur disque de Miossec depuis Boire, car plus innovant que les précédents. Le premier single, La facture d’électricité, passe en boucle sur les ondes, et l’album rencontre un grand succès public et médiatique considérable. En 2007, Miossec concocte un Brest of de ses vingt meilleurs morceaux en version originale ou réenregistrées.

En 2009, si les deux amis n’ont fait que se croiser, Miossec et son acolyte breton Yann Tiersen prennent enfin le temps de travailler à quatre mains sur un album, Finistériens. C’est la rencontre de la rage de Christophe Miossec et des embruns sonores de Yann Tiersen. Début 2009, le duo monte sur scène pour quelques dates à guichet fermé, avant la sortie de l’album à l’automne de la même année.

(Sources : Biographie de Miossec, par Christophe Deniau, pour Music Story, sur RFI Musique)

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